Il émane d’une réflexion quant à l’importance de l’écriture et de la lecture dans notre société. Leur maîtrise se révèle être une condition indispensable aux notions « d’intégration » et « d’insertion » auxquelles chaque personne doit répondre et se soumettre, sous peine de se retrouver marginalisée et exclue du système. Car les difficultés de maîtrise de l’écriture et de la lecture ont des répercussions sur le quotidien, pour comprendre un courrier, gérer son administratif, son budget, faire valoir ses droits, se repérer dans les institutions, rédiger un CV, écrire une lettre de motivation, lire un journal, etc. Ces difficultés génèrent des inégalités en termes d’accès à l’emploi, à la formation, à au droit commun et à l’exercice de sa citoyenneté. En fait, sans maîtrise de l’écriture et de la lecture, il n’y a pas d’égalité des chances possible. Cependant, proposant ce service gratuit, nous avons rencontré une autre typologie de public, plus inattendue. Il s’agit de personnes qui se sentent disqualifiées dans leur pratique d’écriture et de lecture, et ressentent le besoin de faire appel à un professionnel pour se rassurer dans leurs démarches, et qui sont tout autant pénalisées dans leur accès aux droits que des personnes en situation d’illettrisme. Et finalement, c’est l’accès aux droits qui est devenu central dans notre intervention sociale. Auprès de ces publics en situation de disqualification ou d’illettrisme, l’objet de notre association est double : pouvoir donner l’opportunité à ces personnes d’accéder à un service gratuit et de proximité d’aide à l’écriture et à la lecture, ainsi que de travailler à leur autonomie. Ces finalités se mettent en Å“uvre au travers des actions suivantes : des permanences d’écrivain public et l’animation d’actions collectives. Au premier sens du terme, l’illettrisme se définit comme l’incapacité à déchiffrer un texte simple. Selon l’INSEE, l’illettrisme affecte 7 % de la population adulte, soit environ 2,5 millions de personnes, parmi lesquelles 6 /10 sont des hommes. La moitié des dits illettrés sont des salariés et habitent en milieu rural. Contrairement à une idée communément admise, plus on avance en âge, plus l’illettrisme est élevé. La moitié d’entre-eux a plus de 45 ans. Et la part des personnes qui a le plus de difficultés avec l’écrit est 3,3 fois plus importante chez les plus de 66 ans que chez les 18-29 ans. L’école ne fabrique donc pas plus d’illettré.e.s aujourd’hui qu’il y a 50 ans. Hélas, seuls 1 à 2 % entre dans un dispositif de formation. Une autre enquête INSEE / IVQ  parue en 2007 faisait état de 15,5% de la population de la région Nord Pas-de-Calais de 18 à 65 ans en situation d’illettrisme, soit près de 350 000 personnes. Quelques années plus tard, c’est le plan LEA 2009 – 2012 (Lire Écrire Agir) qui confirmait ces indicateurs locaux alarmant. Le Plan Départementale d’Insertion du Conseil Général du Nord 2011 – 2014, comptabilisait, lui, 25% d’adultes en difficulté avec l’écriture et la lecture. Le Nord est particulièrement touché par ces problématiques. En 2011, l’illettrisme concernait 280 000 personnes, soit près de 11 % de la population. C’est quatre points de plus que la moyenne nationale. En termes de qualification, la Région cumule les difficultés : un illettrisme particulièrement important, une propension insuffisante à la poursuite d’études, un niveau de qualification inférieure à la moyenne nationale. En effet, selon les chiffres du CESER (Conseil Économique et Social Régional) dans la Région des Hauts-de-France, à la rentrée 2016, le nombre de jeunes sortant sans qualification était de 110 000 (bien que ce chiffre ait baissé de 26 000 en 5 ans), et 29 % des jeunes non scolarisés n’ont actuellement aucun diplôme. Les territoires cumulant les fragilités économiques, familiales et culturelles sont très présents en Haut-de-France, alors que la dématérialisation prend de plus en plus d’ampleur pour les usagers des administrations, une personne sur cinq se déclare en fragilité numérique. Il est possible de voir l’activité de LMPE comme l’articulation de deux pôles : d’un coté,  il y a les permanences d’écrivain public. Elles permettent de répondre à l’urgence d’une demande sociale, formulée par des personnes en difficulté d’écriture ou de lecture, qu’elles soient en situation d’illettrisme, ou qu’elles se sentent disqualifiées dans leurs démarches. Elles sont ouvertes à toute personne qui en fait la demande, sans distinction aucune. Cette action répond aux besoins des habitants en matière d’aide à l’écriture et à la lecture, afin de faciliter et encourage l’accès aux droits de manière générale (droit aux logement, droit des étrangers, droit à la santé, etc.) L’écrivain public apporte son aide sur tout type d’écrit à vocation sociale. D’un autre coté, l’association anime des sessions de formation collectives, construites à partir des constats de terrain. Nous demandons aux écrivains publics de notre réseau (médiateurs numériques, bénévoles écrivains publics, intervenants sociaux, etc) de nous indiquer les thématiques sur lesquelles ils et elles aimeraient se former ou mettre à jour leurs connaissances. À partir de leurs remontées, nous organisons plusieurs temps de formation animés par des associations partenaires spécialisées (en logement, droit des étrangers, santé, handicap, etc). Ces actions sont de réelles occasions d’échanger sur nos pratiques, nos difficultés, nos réussites et nos questionnements. Ces ateliers sont aussi des temps d’interconnaissance, qui améliorent nos capacités à orienter et conseiller les personnes que nous recevons.LE PROJET ASSOCIATIF
LE CONTEXTE RÉGIONALÂ
NOS ACTIONS
Léa Garcia, Elissar Ghamlouch, Sarah Renouard et Cléophée Vandevoorde
Ginette Agbessi, écrivaine publique
Lucille Deparis, écrivain public et coordinateur
Jean Kraimps, écrivain public et animateur du réseau
Camille Sikora, écrivaine publique
Nos permanences sont gratuites et ouvertes à tous et à toutes sans conditions. Nous recevons uniquement sur rendez-vous, à prendre directement auprès des nos écrivain·es public·ques. Présent·es depuis 2013 au sein de la mairie de quartier de Lille Sud, nous avons depuis ouvert une quinzaine de permanences à Lille, Hellemmes, Mons-en-Barœul et Wattrelos :
Les champs d’intervention de l’écrivain·e public·que sont très variés : insertion professionnelle, droit au logement, gestion du budget, accès à la santé, accès aux droits. L’écrivain·e public·que accompagne dans de nombreuses démarches de la vie quotidienne.
Maison de la Médiation et du Citoyen de Lille, Place Roger Salengro (côté Porte de Paris), 59000 Lille
Tél : 03 20 49 50 77 / E-mail : pointjustice@mairie-lille.fr
Résidence Jean-Baptiste Clément, 13 rue Jean-Baptiste Clément, 59000 Lille
Mairie de quartier Beaulieu, 94 rue Léon Blum, 59150 Wattrelos
Les ateliers collectifs ne sont plus d’actualité, mais nous sommes ouverts à toute proposition si vous souhaitez mettre en place un atelier !
L’association anime des ateliers d’écriture, de création d’un journal, de réflexion autour des pratiques langagières. Trois types d’ateliers bien différents les uns des autres, tant dans leurs manières de se dérouler que dans leurs finalités. Certains de ces ateliers ont pour but d’aborder l’écriture sous un angle simplement expressif ou ludique. D’autres sont construits comme de réelles occasions de permettre aux personnes d’échanger collectivement sur leurs rapports à la lecture ou à l’écriture, les situations qu’elles (mé)connaissent au quotidien. Ces ateliers permettent aussi de partager les manières de faire face de chacun et chacune pour répondre aux difficultés d’écriture et de lecture, difficultés posées parfois par la technicité des documents eux-mêmes, et non par des lacunes personnelles. Au-travers des échanges et de la direction bienveillante de l’animateur ou l’animatrice, ces ateliers permettent de construire une perception sociétale des enjeux posés par la maîtrise de l’écriture et lecture en confrontant des réalités individuelles. Nous avons déjà pu travailler avec l’école Jules Ferry d’Hellemmes, L’association LA CLE, le Groupe d’Entraide Mutuelle La Belle Journée, le centre social Mosaïque, Chez VioleTTe, etc. Nous avons également participé bénévolement à la réalisation du journal Libres Propos de l’association Parcours de femmes. Voici quelques exemples de réalisations.
Les Mots Pour l’Ecrire est une association qui perçoit des subventions publiques pour son activité et les actions qu’elle mène mais elle intervient aussi en tant que prestataire de service, que ce soit pour l’animation d’ateliers ou bien de permanence d’écrivain public. Ces prestations sont assurées sur la base d’un tarif à l’heure. Contactez-nous pour prendre connaissance de cette grille tarifaire.
Un journal est un lieu d’expression où l’on peut renforcer et/ou se familiariser avec l’écrit, passer des informations, aiguiser son sens critique à travers une réflexion de groupe ou personnelle. L’association se propose d’animer une série d’ateliers menant à la création éphémère ou permanente d’un journal dans une structure ou une association. Cela passe par la sensibilisation et l’expérimentation du fonctionnement d’un véritable journal et par son élaboration de A à Z : organisation des prises de décision, choix des articles et des illustrations, discussions sur les thèmes abordés, recherches, interviews, écriture, mise en page, impression, diffusion.
 L’écriture n’est pas qu’un instrument au service de la recherche d’un emploi ou des démarches administratives. C’est aussi un acte d’expression, la recherche d’un moment ludique ou récréatif, permettant de renouer avec l’écrit. L’animateur propose au groupe de l’atelier d’écrire autour d’un thème, d’une proposition ou de jeux d’écriture.